Évènements culturels latins à Paris

La cinémathèque française rend hommage à l’oeuvre de Raul Ruiz

 

Réstrospective Raul Ruiz

Rétrospective Raul Ruiz du 30 Mars au 30 Mai, à la cinémathèque française. Un hommage à l’ensemble de l’oeuvre du réalisateur chilien disparu à Paris, en 2011.

Ses films sont un laboratoire d’expériences où l’on retrouve le goût du paradoxe, de l’ironie,  et des énigmes. Cette rétrospective (75 films) a permis de restaurer des films du cinéaste comme Dialogue d’exilés, Bérénice ou encore La Recta provincia laissé inachevé par le cinéaste.  L’événement est réalisé avec le soutien du gouvernement chilien, et inauguré en présence du ministre de la culture du Chili, Ernesto Ottone Ramírez, venu spécialement à la Cinémathèque française pour l’occasion.

Raoul Ruiz est né en 1941 à Puerto Montt, dans le Sud du Chili. Sa précoce découverte du cinéma tiendrait dans une rêverie : dans Ben-Hur, un avion passe au loin. Plus tard, le même traverse le ciel de Cléopâtre. Le DC-6 éternel devient le chiffre secret du péplum. Ce qu’il traduira plus tard : le sens dernier des images échappe toujours au contrôle de l’industrie qui les crée.

El territorio Raul Ruiz

À 15 ans, il se met au défi d’écrire cent pièces de théâtre, ce qu’il fait en six ans. L’anecdote est prémonitoire des 120 films à venir. Au même moment, il étudie le droit et la théologie. En 1968, il réalise Tres tristes tigres, son premier long métrage, qui remporte un Léopard d’or à Locarno. Symbole d’un nouveau cinéma chilien, le film surprend par sa bizarrerie diffuse.

Engagé politiquement aux côtés de Salvador Allende, Ruiz est contraint à l’exil par le coup d’État de septembre 1973. En février, il arrive à Paris. En mars, il tourne Dialogue d’exilés, qui déroute par son extravagance et son ironie. En réalité, il fera de son exil  le thème

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nourricier de son oeuvre. Puis il rencontre deux grands directeurs de la photographie (Sacha Vierny et Henri Alekan), ses complices dans l’élaboration des trucages de ses pièges baroques : filtres, miroirs, déformations, et la double profondeur de champ (split field) qui l’obsèdera longtemps.

Ensuite il y aura la première co-scénarisation entre Raoul Ruiz et Pascal Bonitzer, mettant en vedette l’excellent Marcello Mastroianni dans son avant-dernier film, le tout narré par Pierre Bellemare. « Trois vies et une seule mort »(1996) est un exemple parfait des labyrinthes narratifs du cinéaste chilien dans lesquels il est facile (et même recommandé) de se perdre.

Une partie du récit se trouve dans les lectures du cinéaste des nouvelles de Nathaniel Hawthorne (qui lui-même s’inspire des faits divers), mais l’on devine également la présence mystique de Carlos Castaneda tout le long du film par ses écrits sur l’anthropologie et sur le chamanisme.

Dans son essai « Pour un cinéma chamanique », Raul Ruiz se réfère à l’image cinématographique, comme médium chamanique par excellence,  médiatrice de transmission orale et étroitement associée à la mémoire. Sa réflexion sur la représentation est abordée sans cesse et de maintes manières.. d’où sa prédilection pour le thème du double ( cher à Jorge Luis Borges) et la possibilité de vivre plusieurs identités. Son dernier grand film « Les mystères de Lisbonne » (2010) est un film démesuré qui restitue avec finesse ses innombrables obsessions sur les identités sérielles,  le goût pour les mises en abîme, ses images utopiques.

http://7eantiquaire.blogspot.fr/2013/09/special-dun-mois-sur-le-cinema-de-raoul.html

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