Évènements culturels latins à Paris

Amadeo de Souza Cardoso, un génie du modernisme

Amadeo au Grand Palais

Le Secret le mieux caché de l’art moderne

Ce peintre portugais, inconnu en France a produit en dix ans une œuvre protéiforme, nourrie de cubisme, de futurisme, d’expressionnisme et de tous les grands mouvements du XX siècle.  Il laisse en même temps une oeuvre touchante très originale et personnelle.

Portrait d'Amadeo de Souza Cardoso

À la croisée des avant-gardes artistiques, Amadeo de Souza  (né à Mancelos, Amarante, 1887) participe activement de l’ébullition artistique de Paris où il séjourne pendant huit ans tout en gardant son caractère profondément identitaire. Déjà présent au Grand Palais au Salon d’Automne de 1912, aujourd’hui à nouveau, son génie prolifique et sa palette polychrome sont mis en lumière à travers une rétrospective réunissant plus de  300 oeuvres.

Résidant de la Cité Falguière à Paris, où il rencontre d’abord des intellectuels portugais, puis Modigliani, Brancusi, et plus tard le couple Delaunay, il revendique son éclectisme et s’affirme comme un ‘touche à tout’ : « Je ne fait pas partie d’aucune école. Nous, la nouvelle génération, il n’y a que l’originalité qui nous intéresse »…

Cité Falguière parisienne11

Clown, cheval, salamandre

« À Paris on respire, au Portugal on étouffe »!

D’abord étudiant en architecture, il va très vite se rendre à l’Académie des Beaux Arts de Lisbonne, mais ne trouvant pas ce cours satisfaisant il partira pour Paris et s’installera à Montparnasse avec l’intention de suivre des études de peinture, qu’il réalisera dans le milieu artistique de la Cité Falguière (comme mentionné ci-dessus).

Ses premières expériences artistiques sont des dessins et des caricatures. Mais la rétrospective de Gauguin au Salon d’Automne (1906) a été déterminante dans sa compréhension de la peinture moderne. Ensuite il sera ébloui par celle de Cézanne. Puis en 1911, il exposera des travaux au Salon des Indépendants et se rapprochera des artistes comme Modigliani, Archipenko, Juan Gris, Henri Doucet, Albert Gleizes, André le Fauconnier et fréquentera Gertrude et Leo Stein.

Les paysages de son  Portugal natale

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Les paysages de sa région natale, faits de montagnes ondoyantes à perte de vue, sont un motif récurrent de sa peinture auquel il applique différentes techniques.

En réalité,  ses compositions aux couleurs vives traduisent l’imaginaire populaire de Amarante. Il crée un vocabulaire local en agençant des pièces de céramique, des personnages en tenue traditionnelle, des instruments de musique..mettant littéralement en scène même des chansons populaires en faisant flotter leurs mots dans le cadre du tableau.

Son retour au Portugal  est  marqué par des expositions en particulier ‘Abstractionismo’ à Porto avec 114 oeuvres puis à Lisbonne.  Pendant ces années, il est très actif dans la sphère internationale en participant à l’Armory Show de New York (1913), au Herbst Salon de la Gallerie Der Sturm à Berlin,  à Bruxelles, Barcelone et Madrid..

L’explosion de la première Guerre Mondiale puis l’extension rapide du conflit et ses proportions retarderont indéfiniment son retour parisien.

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Soudain il est atteint de la gripe espagnole et décède à Espinho prématurément le 25 octobre 1918.

Au fond, ce qui est en jeu dans le travail de Souza-Cardoso, en particulier dans les œuvres de 1917, est qu’il articule ses recherches sur différentes problématiques dans le cadre d’un même tableau. Mais au lieu de créer des simples dérivations, il produit des rapports entre les particularités de chaque mouvement artistique. Ainsi il transmet au spectateur sa conviction profonde de la peinture comme langage à part entière.

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