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Le Nouvel El Dorado : l’Alliance Pacifique et la grande Caraïbe, dans Le Coin de LaBruyer

Une région d’avenir pour les entreprises

le coin de la Bruyerpar La Bruyer

Alliance pacifique
L’intérêt que suscite actuellement l’Alliance du Pacifique m’a décidé à développer une analyse critique nourrie en parallèle des différents essaies fournis par les associations régionales créées pendant les 30 dernières années en Amérique Latine. Ceci par rapport aux principes fondateurs de l’Union Européenne et la complexe évolution de la même (comme on vient de le constater avec Brexit!).

Cependant, le sujet qui nous retient principalement dans cet article, est l’avenir de l’accord d’intégration appelé à unir les forces économiques et commerciales du Chili, la Colombie, le Mexique et le Pérou, ainsi que l’impact de la Grande Caraïbe.

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Ce n’était pas la première fois que quelqu’un m’interrogeait sur le futur de l’Alliance du Pacifique. J’avais en effet été quelque temps plus tôt conduit à évoquer ce sujet avec des chefs d’entreprise chiliens dont le pays bénéficie d’une image positive en Europe et en France tout particulièrement.

Ceux-ci, qui voyaient surtout dans l’Alliance du Pacifique une mainmise occulte des États-Unis, concluaient d’emblée à un danger pour la stabilité des prix des matières premières. Ils y voyaient aussi la menace évidente d’une invasion de produits manufacturés qui, à ne pas en douter, empêcherait le développement de l’industrie interne. Un tel envahissement laisserait les populations agro-industrielles et minières démunies. Il limiterait surtout la croissance d’une classe moyenne, seule garante de la consolidation de la jeune démocratie chilienne.

En fait, comme j’ai expliqué plus tard lors d’un discours, la pensée politique l’emportait toujours sur l’analyse économico-commerciale et socio juridique, car, en réalité, très peu de personnes étaient en mesure de définir la nature de l’Alliance : s’agissait-il d’un traité purement commercial ou plutôt d’harmoniser des politiques fiscales et douanières ?

Echanges alliance caraibe et pacifique

Synchronisait-il la jurisprudence des pays partenaires en matière de marchés et/ou conditionnait-il le marché du travail et de l’emploi, provoquant des déplacements de populations, dont les droits seraient garantis par la législation internationale au-delà leurs frontières nationales ?

Ce traité enfin obligeait-il à mener une politique internationale de concertation sur des sujets non commerciaux, comme cela pouvait être le cas avec l’Union européenne ? Autant de questions auxquelles je ne pouvais pas répondre dans un si court espace de temps, et cela malgré l’intérêt de la question, d’autant plus que la négociation sécrète de la Commission de l’U.E. avec les EEUU sur le TTPI ou TAFTA, peut devenir un scandale.
J’ai eu aussi des échanges avec des entrepreneurs mexicains et colombiens dont les réticences étaient fondées sur leur expérience personnelle. Tous craignaient en effet de voir l’aspect politique conditionné, voire contaminé par des aspects idéologiques.

Mais ceux-ci néanmoins avaient dans l’ensemble une opinion positive de l’Alliance du Pacifique. Aussi étaient-ils unanimes à la considérer comme un accord intéressant, parce que résolument commercial. En dépit de sa taille réduite, ils observaient qu’il couvrait un vaste territoire représentant un marché de 224 millions de personnes environ et contrôlant une grande partie des côtes du Pacifique.

Il était donc important d’ouvrir le champ d’observation stratégique vers d’autres projets et organisations dont l’impact économique et commercial serait inéluctablement déterminant pour les pays de l’Alliance du Pacifique. Je faisais référence à la création d’une troisième voie à Panama, à la création du grand canal du Nicaragua où encore à la voie ferrée de 400 Km, tracée de l’Atlantique au Pacifique sur le territoire d’Honduras.

Tous visaient à permettre la consolidation de la Grande Caraïbe en influençant la création d’importantes plateformes logistiques. J’ai profité pour annoncer que les 11, 12 et 13 mai 2016 s’ouvrait le SCTL, Salon Caribéen du Transport et de la Logistique, qui aura lieu au palais des Congrès de Madiana (Martinique).

La dimension du Projet Grand Caraïbe et son impact économique et commercial n’ont pas été suffisamment analysés. La Grande Caraïbe c’est 4,3 millions de Km² d’étendu d’eau avec la Mer des Caraïbes et le Golfe du Mexique. Pour ce qui est des terres, elle s’étend sur près de 4 mille Km en allant des pointes de la Floride et des côtes du Yucatan à Trinidad et Tobago.

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La notion de Grande Caraïbe englobe également tous les pays de l’Amérique Latine ayant une interface avec la Mer des Caraïbes (USA, Mexique, Venezuela, Brésil, Panama, Nicaragua, Honduras, Salvador, Cuba, Costa Rica et République Dominicaine). Cependant, avec les grands projets de communication entre le Pacifique et l’Atlantique, les pays latino-Américains comme la Colombie, le Pérou, la Bolivie, l’Equateur et le Chili, pourront apporter à cette grande zone logistique sa puissance économique et commerciale, créant ainsi la plus grande zone commerciale et logistique du monde.

Il faut savoir que seulement la 3ème voie du Canal de Panamá, en permettant le passage de Porte-Conteneurs d’une capacité de 13.000 EVP (avant c’était 5.000 EVP), doublera le trafic. Par ailleurs, Nicaragua passera à 18.000 EVP, étant, ce Canal, associé à la création d’un Centre Logistique Multimodal. Sans oublier la communication ferroviaire entre les deux océans de 400 Km, établie par le Honduras. Jamais le Pacifique a été aussi près de l’Atlantique, et donc de l’Europe, qu’aujourd’hui.

Le canal un éventuel danger?
Dans ces circonstances, l’Alliance du Pacifique associée à la Grande Caraïbe pourrait devenir la principale puissance commerciale de la région, plein de nouvelles opportunités. [www.sctl-event.com] Pourtant, malgré les effets positifs sur l’exportation induits par la synchronisation de la consolidation de la Grande Caraïbe avec l’Alliance du Pacifique, certaines ombres planaient encore dans l’esprit des dirigeants d’entreprise. Nombre d’entre elles reflétaient la crainte de voir s’accentuer des effets collatéraux préjudiciables, effets observés au terme du partenariat entre l’Alliance du Pacifique et le Traité de Libre Commerce avec les États-Unis.

Mais cela dit, et en dépit de ces réserves, il ressortait toujours que l’espace stratégique dans lequel s’inscrivait l’Alliance du Pacifique imposait un constat : cette région du monde est en train de devenir un nouvel « El Dorado » où l’espagnol est la première langue de travail.

(Este artículo ha sido publicado igualmente en el Diario de la Marinaà

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