Cours de danses latines et de conversation en espagnol à Paris

Brexit et l’Après Donald Trump, par La Bruyer

L’Après Brexit avec Donald TRUMP

Victoire de Trump 9.11.16

Le Contexte 

Dans le chaos apparent crée par la crise de la dette qui est devenue ensuite la Crise de l’EURO, entre en jeu les conséquences de la guerre syrio-iraqui. À celle-ci s’ajoute la chute des prix du pétrole, et comme résultat, l’arrivée massive des migrants et des réfugiés, rallumant les braises des nationalismes latents et les fantômes du passé d’une Europe que l’U.E. avait réussi à dominer.

Consequences guerre syrio-iraqui

 Ce climat délétère predomine lorsque surgit le Brexit, un phénomène qui a surpris les élites européennes, comme ce fut le cas avec les dernières élections américaines.

Ma surprise vient du fait d’observer que certains pleurent le départ de la Grande Bretagne au même titre que l’arrivée au pouvoir de TRUMP aux EU.  D’autres se rejouissent, mais personne ne décrit quel doit être le positionnement de l’Union Européenne face au nouveaux défis : la fin de l’ère OBAMA et les programmes géostratégiques que la Grande Bretagne, avec l’appui des EU, est en train de développer déjà sur des territoires et des secteurs où l’Union Européenne, dans son ensemble, a des intérêts stratégiques.

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1] Les priorités de l’Union Européenne

  • Les circuits financiers de l’épargne européen doivent être contrôlés par une autorité de l’Union Européenne et sur le territoire européen, c’est-à-dire, que la Bourse globale de l’Europe, ne doit plus rester ni passer par la City.
  • Il faut modifier les normes de Bâle et les adapter aux objectifs de l’U.E. Nous ne pouvons plus continuer à nous porter caution des objectifs dépendants des normes comptables qui ont été établies de manière obscure, par des comités techniques orientés et conditionnés par les lobbys anglo-saxons.
  • Il faut réintroduire les Caisses d’Epargne et permettre ainsi le développement du petit crédit aux familles et aux PME.
  • Il faut multiplier les programmes Erasmus intra-européens et des européens avec l’Amérique Latine, là où les britanniques et les EEUU ont des intérêts stratégiques, et il ne faut pas exclure nul pays, car si nous faisons ainsi nous perdons l’image devant tous les autres. Nous devrions rapidement réintroduire dans ces programmes, l’Equateur, le Paraguay, la Bolivie et la Rép. Dominicaine.
  • Il faut appuyer les programmes de création des nouveaux territoires d’innovation et d’apprentissage, en Amérique Latine (donnant priorité au Mexique, la Caraïbe et l’Amérique Centrale, compte tenu de la géopolitique TRUMP) et en Afrique, comme ceux définies par l’UNESCO et le CMA. L’impact économique et culturel de notre démarche nous rendra bénéficiaire à moyen et long terme.
  • Il faut sortir du monolinguisme imposé par la Grande Bretagne depuis des décennies et qui voudrait réimposer les EEUU, excluant l’espagnol de son territoire, car ce monolinguisme affecte négativement l’affirmation positive de l’identité des non anglophones et il est à l’origine de l’appauvrissement des débats de fond de notre société, provoquant une situation d’indétermination qui plane sur les paramètres qui conditionnent notre avenir et notre capacité à créer de la richesse. Dans ce sens, je crois qu’il faut promouvoir la francophonie et l’hispano-phonie, car ces deux langues ensemble représentent environ un milliard de personnes entre l’Afrique et l’Amérique Latine plus les Etats Unis et le Canada, sans compter les 120 millions de l’Europe.
  • Il faut anticiper, élaborer et proposer, avant les EEUU et d’autres, des accords économiques, commerciaux, de développement culturel et touristique, ainsi que d’éducation adaptés à notre manière de comprendre le monde et selon nos idéaux, avec toutes les zones économiques repérées d’intérêt stratégique pour l’Union Européenne.
  • Il faut récupérer une politique agricole commune cohérente, qui sauvegarde notre diversité, qui garantisse l’autosuffisance et les quotas de pêche menacés par le Brexit. Une ligne politique qui permette de maintenir les rentes des agriculteurs équivalentes aux rentes de l’industrie et des services et qui empêche une concentration abusive des exploitations et des brevets de production agricole.
    Universités europe innovation
  • Il faut valoriser nos universités et centres de recherche européens facilitant l’accès au crédit pour des projets innovants mais aussi pour les publications scientifiques en plusieurs langues et la publication de thèses et de travaux de recherche dans la langue d’origine du chercheur. Eviter que ce savoir-faire s’en aille vers l’extérieur de l’U.E., exige une politique active de protection culturelle et du patrimoine représenté par les savoirs traditionnels. Nous devons donc revoir le système des brevets et protéger les petits créateurs de la voracité des grandes corporations internationales.

 

2] Les priorités pour la Grande Bretagne :

Il faut prendre conscience que pour la Grande Bretagne, le Brexit n’implique pas nécessairement un isolement mais plutôt une reconfiguration géostratégique de ses intérêts du côté de son partenaire traditionnel, les EEUU.

Par exemple, en ce qui concerne l’ancien empire colonial, selon la BBC,  Elisabeth II reine en 16 pays et restée la personnalité de majeur influence en 53 Etats, car contrairement à ce qui s’est passé avec l’empire espagnol, la plupart des anciennes colonies britanniques ont préférés se convertir en monarchies constitutionnelles et maintenir Elisabeth II comme leur Reine et Chef d’État. A cette circonstance nous pouvons ajouter que les EEUU maintiennent avec le Royaume Uni une “relation spéciale” de coopération diplomatique et militaire très approfondie, que l’analyste et Directeur de la Fondation Vivian Trias nous explique plus en détail :

  • L’Amérique Latine : Presque deux siècles après la signature de la Convention de Paix avec laquelle l’Angleterre créait l’Uruguay, Tabaré Vázquez (actuel Président de l’Uruguay) a fait savoir qu’il souhaitait la signature d’un Traité de Libre Commerce avec le Royaume Uni. La conclusion de ce traité impliquerait le retour formel des intérêts britanniques en Uruguay et un rapprochement stratégique vis à vis de l’Atlantique Sud, c’est-à-dire, de la Terre de Feu, l’Antarctique et la route bi-océanique.
    De même, grâce à la collaboration avec les EEUU et au rapprochement du gouvernement argentin avec l’Amérique, le binôme Grande Bretagne-Etats Unis, associé dans l’alliance de l’OTAN, ‘utiliserait’ Ushuaia comme base logistique pour l’exploitation des ressources de l’Antarctique.
  • Partenariat avec les EEUU, Canada, Australie et Nouvelle Zélande : Autrement dit, avec le Brexit les anglais ont décidé de rester plutôt des partenaires privilégiés des EEUU ( plutôt que de l’UE) dans le cadre militaire et la recherche pour l’armement nucléaire et les réseaux d’information. Le nouveau gouvernement nord-américain ne fera que renforcer cette collaboration. Il faut se rappeler que la construction de la première bombe atomique fut le résultat d’un projet anglo-américain appuyé par l’étroite collaboration canadienne, avec qui l’Europe a, finalement, signé l’accord CETA.
    Si nous faisons ce rappel, c’est parce que les accords anglo-américains BRUSA (1943) et UKUSA (1946) amplifiés au Canada, l’Australie et la Nouvelle Zélande, régissent la coopération militaire en matière d’intelligence, d’espionnage satellite et digital,  du contrôle des communications sur internet et les réseaux sociaux.
    Club des 5 YeuxGénéral Alexander_NSA
  • Ces 5 pays forment ce que l’on appelle « le Club des 5 Yeux », et ses systèmes de renseignement ont servi à l’Angleterre pendant la guerre des Malouines permettant aux EEUU, d’espionner nos respectifs gouvernements, comme cela a été le cas récemment avec l’Elysée et le Brésil…Des actions très douteuses, du point de vue déontologique, entre des pays amis ….Et qui s’expliquent par le fait que l’alliance anglo-américaine souhaite fortifier l’OTAN dans l’Europe post- Brexit avec des bases renforcées dans les pays baltiques par la présence de canadiens, anglais et nord-américains, et trouver ainsi une justification pour s’opposer à la renaissance d’une Union Européenne de Défense, qui puisse agir indépendamment de l’OTAN.
    L’Union Européenne doit agir vite sur ce sujet et dépoussiérer ce vieux projet, plus que jamais d’actualité.
    Guerre des MalouinesRafale argentin
  • L’OTAN et l’ONU : Une autre circonstance qui explique pourquoi la Grande Bretagne s’est toujours opposée à l’UED, et a refusé la modification du système de vote et de veto de l’ONU, approfondissant ses liens avec l’OTAN, est le fait que l’Atlantique Sud est toujours parcouru par des sous-marins des EEUU et de la Grande Bretagne et que leurs respectifs gouvernements, ainsi que celui du Canada, ont bloqué à l’ONU la Déclaration de l’Atlantique Sud comme Zone de Paix et libre des armes nucléaires. L’Union Européenne devrait signer un accord de collaboration logistique et militaire avec MERCOSUR et UNASUR, à travers l’UED. 

    Conséquences pour L'UE

  • Conséquences pour l’U.E. : Nous regardons toujours le Brexit par rapport aux intérêts de l’Europe continentale et ses problèmes économiques, mais nous devrions regarder aussi comment la Grande Bretagne définie ses priorités géostratégiques dans d’autres zones du monde et analyser quelles seraient les conséquences à moyen terme de la nouvelle stratégie britannique, sur une Union Européenne que, même riche, faute d’avoir une UED, perds tout son poids politique dans les décisions à caractère internationale et géopolitique.
  • Traités de Libre Commerce : Ainsi nous voyons qu’en Amérique Latine l’hypothèse d’un nouveau Traité de Libre Commerce entre la Grande Bretagne et l’Alliance du Pacifique est déjà sur le tapis. De cette manière l’Angleterre renforcerait la politique nord-américaine dans sa quête pour faire signer à tous les pays de la région son Traité Trans Pacifique (TTP) et toute sorte de traités bilatéraux de libre commerce, ce qui finirait par éliminer Mercosur et tous les projets d’intégration sud-américaine, comme par exemple UNASUR. L’Union Européenne doit agir avant.
  • Le droit de veto à l’ONU : A ce sujet, c’est-à-dire, concernant le mode de fonctionnement de l’O.N.U, on constate que sur les 193 pays membres, il y a seulement 5 (EEUU, UK, France, RUSSIE, CHINE) qui ont, individuellement, le droit de veto sur n’importe quelle résolution ayant un impact sur la planète entière, et – précisément – ce sont eux les grands pollueurs de la planète, exception faite, peut-être, de la France. Par ailleurs deux de ces 5 pays sont des alliés de longue date : les EEUU et la Grande Bretagne.  
  • Cette conjoncture actuelle est très dangereuse car là où deux pays peuvent freiner les résolutions des 191 restants pose un grave problème de légitimité et d’équilibre international. L’Union Européenne, compte tenu des derniers mouvements britanniques aurait intérêt à prendre l’initiative et proposer une nouvelle philosophie de vote, c’est – à – dire, que les décisions tiennent compte de la régionalisation de certaines zones géographiques qui, organisées et légitimées, deviendraient des membres permanents de l’ONU. Ainsi, par exemple, les pays d’Amérique du Sud unis, auraient une seule voix en tant que représentants permanents, c’est-à-dire, avec un droit de veto, équivalent à celui des Etats Unis, de l’Amérique du Nord ou de la Grande Bretagne. Cela renforcerait les liens des ces pays à travers une organisation légitimement constituée, comme par exemple UNASUR, qui aurait réellement la force de défendre leur propre bio-système, ce qu’aujourd’hui, ils ont du mal à faire. Mais cette situation pourrait changer, si l’U.E. collaborait avec cette zone en signant des accords culturels, logistiques et militaires véhiculés par l’UED.
  • Le même principe pourrait s’appliquer à l’Afrique et à l’Europe. Il est nécessaire de rappeler que pendant la COP 21, Rafael CORREA, Président d’Equateur, proposait une charte des droits de la Nature, la gratuité de l’accès aux biens de la nature et la mise en place d’une Cour Internationale de Justice contre les crimes nuisant à la nature, proposition qu’irait contre le contrôle par les EEUU des zones de passage de l’Atlantique Sud entre la Patagonie et l’Antarctique où se promènent ses sous-marins nucléaires. Cette proposition pourrait devenir une réalité, seulement, dans le cadre de la réorganisation régionale du droit de vote et du droit de veto onusienne que nous défendons, faute de quoi, l’ONU devrait vivre une réfondation adaptée à notre époque et au nouveau contexte géopolitique.

Compte tenu des analyses qui ont été fait, nous devrions élaborer un mémorandum sérieux des implications géopolitiques et géostratégiques du Brexit.

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