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Tzvetan Todorov, ou la Puissance de la Modération. L’ humaniste insoumis nous a quitté.

À 77 ans cet homme qui a choisi la défense des résistants plutôt que les idées pures nous a quitté laissant derrière lui une oeuvre engagée.

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Photo de Bruno Charoy

Linguiste, philosophe, sémiologue, théoricien des idées,  Todorov était né à Sofia en 1939. Très tôt, sa pensée est influencé par le traumatisme. Car il est contraint de quitter la Bulgarie communiste et émigrer vers la France.

Proche des penseurs tels que Roland Barthes, Levi-Strauss ou Montaigne, il fréquente également les auteurs des Lumières.  En exil, il élabore sa vision du monde, dénonce les totalitarismes et prend part active aux conflits du XX siècle. Il pense le ‘Mal’ et réfléchi au concept de ‘victime ». Dans ‘Mémoire du mal, tentation du bien’, Todorov nous averti sur la qualification de victime et comment elle garantit une forme d’innocence qui exclut toute réciprocité. Or, comme il l’exprime magistralement : les nobles causes n’excusent pas les actes ignobles. Comprendre l’ennemi, c’est chercher à savoir en quoi nous lui ressemblons.

Parmi ces nombreux titres publiés : ‘Introduction à la Littérature Fantastique’ , ‘La Conquête de l’Amérique : La question de l’Autre’, ‘Insoumis’ (2015), ‘Goya à l’ombre des lumières’ ou son dernier ‘Le triomphe de l’artiste, où il évoque la tension émanant des enjeux de pouvoir entre la création et le pouvoir, notamment durant la révolution russe. Ici sont convoqués Vermeer, Rembrandt, Goya dans une analyse fine des influences mutuelles de la philosophie et de la peinture. Il prône le  triomphe de toute forme de pensée créatrice, qu’elle soit exprimée en mots ou en actes.

Il a obtenu le Prix Prince des Asturies en 2008, car il incarnait « l’esprit de l’unité européenne, de l’Est et de l’Ouest, et l’engagement pour les idéaux de liberté, d’égalité, d’intégration et de justice ».

En 2010, dans un entretien à  ‘El País’, il avait déclaré : « Cette peur des migrants, de l’autre, des barbares, sera notre premier grand conflit au XXIesiècle […] La peur de la barbarie risque de nous transformer en barbares ».

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